Distributeurs Journal · 3 min de lecture

Le marché B2B cache un secret de 2 000 milliards

Le chiffre de 15 000 milliards du B2B, c'est surtout de l'EDI ; la part réellement gagnable tourne autour de 2 000 milliards.

Le marché B2B cache un secret de 2 000 milliards

En bref

Environ 75 % du B2B numérique, c’est de l’EDI qui circule entre des systèmes configurés il y a des années, ce qui laisse à peu près 2 000 milliards $ de véritable eCommerce, où les acheteurs naviguent et commandent. L’EDI traite des transactions, mais ne vend jamais ; la croissance se trouve donc dans la longue traîne, trop petite pour l’EDI et trop coûteuse à servir avec un représentant dédié.

15 000 milliards $ de ventes B2B aux États-Unis.
Ça semble énorme. Mais voici ce que les manchettes ne vous disent pas.

La vraie répartition

75 % du B2B numérique, c’est de l’EDI. D’ordinateur à ordinateur. Des bons de commande automatisés entre des systèmes configurés il y a des années.

Le véritable eCommerce B2B — des acheteurs sur un site Web qui naviguent et commandent — représente environ 2 000 milliards $.

C’est encore gros. Mais c’est une tout autre histoire.

La majeure partie de ces 15 000 milliards $ passe par des canaux verrouillés il y a des décennies. Des connexions EDI entre grands partenaires commerciaux. Du réapprovisionnement automatisé. Des systèmes qui parlent à des systèmes.

La « croissance » dont tout le monde parle ? Elle se produit dans une tranche beaucoup plus petite du marché.


Deux jeux différents

Voici ce que ça veut dire si vous dirigez une entreprise de distribution :

L’EDI, c’est pour vos baleines.

Les gros comptes. Les commandes récurrentes. Un représentant dédié. Ces relations sont déjà automatisées. Les bons de commande circulent. Les factures concordent. Le système fonctionne.

L’EDI traite des transactions. Il ne vend pas.

Pas de vente incitative. Pas de vente croisée. Pas de « les clients ont aussi acheté ». Juste des bons de commande qui circulent entre des systèmes configurés il y a des années.

L’eCommerce, c’est pour tous les autres.

Les acheteurs de taille moyenne. Les nouveaux comptes. La longue traîne, trop petite pour l’EDI et trop coûteuse à servir avec un représentant dédié.

Sur une boutique en ligne, les acheteurs peuvent :

• Parcourir tout votre catalogue — pas seulement ce qui est dans leur configuration EDI

• Découvrir des produits qu’ils ne savaient pas que vous offriez

• Recevoir des recommandations selon ce qu’ils achètent

• Recommander à 22 h sans appeler personne

• Faire réellement grossir leur panier avec le temps

Et ça prend de l’ampleur sans ajouter de personnel.

Les chiffres qui comptent

Les ventes B2B sur les places de marché ont augmenté de 519 % de 2021 à 2024.

75 % des acheteurs B2B disent qu’ils changeraient de fournisseur pour une meilleure expérience en ligne.

Relisez ça. Trois acheteurs sur quatre sont prêts à vous quitter pour un concurrent qui a un meilleur site Web.

Pendant ce temps, la croissance globale des ventes B2B a calé. Le marché n’a crû que de 0,4 % en 2025. La poussée postpandémique est terminée. Nous sommes dans une économie à deux vitesses : une demande stable, un virage rapide des canaux.

Les transactions ne croissent pas. Elles se déplacent.

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Là où les distributeurs restent coincés

La plupart des distributeurs ont maîtrisé l’EDI. Les gros comptes sont connectés. Le volume circule.

Mais cette même attention portée aux baleines crée un angle mort.

La longue traîne — des centaines ou des milliers de plus petits comptes — commande encore par téléphone. Par courriel. Par bon de commande envoyé par télécopieur. Chaque transaction exige une intervention humaine. Chaque nouvelle commande est un processus manuel.

Ce ne sont pas de mauvais clients.
Ce sont des clients mal servis.
Trop petits pour l’EDI, trop nombreux pour leur affecter des représentants.

Et de plus en plus, ils cherchent des solutions de rechange.

L’occasion

L’eCommerce ne vise pas à remplacer votre équipe de vente. Il vise à servir les clients que votre équipe de vente ne peut pas joindre de façon rentable.

L’EDI fait rouler vos baleines.

L’eCommerce fait croître le reste.

Le marché de l’eCommerce B2B de 2 000 milliards $ est le segment qui croît le plus vite d’un marché stable de 15 000 milliards $. Les ventes sur les places de marché ont augmenté de 519 % en trois ans. Et 75 % des acheteurs sont prêts à changer pour une meilleure expérience.

La question n’est pas de savoir s’il faut investir dans le numérique.

La question, c’est de savoir si vous bâtissez pour les 75 % qui sont déjà automatisés — ou pour le segment qui est encore à prendre.

Les questions qu'on me pose

FAQ

Pourquoi l’EDI ne compte-t-il pas comme de la croissance ?

Il fait circuler des bons de commande entre des systèmes configurés il y a des années. Pas de vente incitative, pas de vente croisée, pas de découverte — le panier ne grossit jamais.

Où se trouve la croissance accessible ?

Chez les acheteurs de taille moyenne, les nouveaux comptes et la longue traîne : des clients qui peuvent parcourir tout le catalogue, découvrir des produits qu’ils ne savaient pas que vous offriez et recommander à 22 h sans appeler personne.

Le marché global est-il en croissance ?

À peine. Les ventes B2B ont augmenté de 0,4 % en 2025 — les transactions ne croissent pas, elles changent de canal, et 75 % des acheteurs disent qu’ils changeraient de fournisseur pour une meilleure expérience en ligne.

Rudy Abitbol

Passé des campagnes L'Oréal et Club Med à la direction du commerce B2B chez Sonepar et chez un distributeur médical de 30 M$. Conseille aujourd'hui des distributeurs et fabricants de 5 M$ à 1 G$ sur les données produit, Shopify B2B et la recherche par IA. Montréal.

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